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Film américain
(2002). Fantastique, Action. Durée : 1h 42mn. Interdit aux moins
de 12 ansDate de sortie : 19 Mars 2003Avec Ben Affleck, Michael Clarke
Duncan, Jennifer Garner, Colin Farrell, Joe Pantoliano Plus...Réalisé
par Mark Steven Johnson
Synopsis :
Avocat le jour, super-héros la nuit, Matt Murdoch possède
une ouïe, un odorat, une force et une agilité incroyablement
développés. Bien qu'il soit aveugle, son sens radar lui
permet de se diriger et d'éviter le moindre obstacle. Inlassablement,
cet être torturé arpente les rues de New York à la
poursuite de criminels en tout genre qu'il ne peut punir au tribunal.
Daredevil aura à affronter Kingpin, alias Le Caïd, qui dirige
d'une main de fer la mafia new-yorkaise, ainsi que son homme de main Bullseye,
alias Le Tireur.
La critique :
Depuis le Blade de Stephen Norrington, les adaptations de comics Marvel
se multiplient avec de plus, une qualité qui suit, faisant presque
oublier que la réussite était surtout du côté
de l'éternel concurrent DC. Ainsi si Blade et sa séquelle,
X-Men et Spider-Man sont des réussites majeures et des succès
conséquents, il ne faut pas oublier qu'avant cela il y eut des
Punisher, des Captain America, des Thor de triste mémoire. Les
personnages de Stan Lee (entre autres) étaient adaptés peu
fidèlement, capitalisant uniquement sur la notoriété
des personnages, au lieu d'y adjoindre un véritable système
de production cinématographique digne de ce nom.
Aujourd'hui c'est une toute autre histoire, de vrais cinéastes,
ainsi que de vrais scénaristes (sans oublier les autres) s'attellent
aux adaptions des " world's best comic books " avec un bonheur
certain. Le nouveau sur la liste est Daredevil, personnage créé
par Stan Lee et Bill Everett dans les années 60, en pleine effervescence
créatrice. Ce personnage n'a pas eu le succès aussi fulgurant
qu'immédiat que Spider-Man ; pourtant il est tout de même
célèbre, car l'un des rares (le seul ?) super-héros
aveugles. Par rapport à ses collègues de papier, il n'a
pas connu d'adaptations ou de spin-offs nombreux, à peine un guest
dans un téléfilm de Hulk réalisé par Bill
Bixby (personnage plutôt fidèle, à part le costume),
et dans le dessin animé Spider-Man, dans lequel il aide le tisseur
dans un fameux double-épisode mémorable.
Après être passé entre de nombreuses mains (Norrington
-tiens donc- derrière la caméra et Guy Pearce dans le rôle
titre), apparaît Mark Steven Johnson, sorti d'on ne sait où,
et Ben Affleck, comme tête à cornes. La storyline à
retranscrire vient des histoires de Frank Miller, ce dernier considéré
comme le meilleur auteur de DD à ce jour. Il s'agit de la rencontre
de DD avec Elektra, et leurs empoignades avec le Caïd et le Tireur.
Bon déjà Wilson Fisk, le Caïd n'a pas la bonne couleur,
et les costumes (excepté celui de DD) ne sont pas trop fidèles.
Mais sont-ce raisons suffisantes pour bouder cette adaptation ? Au vu
du résultat, Mark Steven Johnson est un fan évident (et
auto-proclamé), ainsi que son compère Ben Affleck. A noter
les nombreux clins d'il qui feront frémir les fans (les boxeurs
John Romita, Mack, Bendis, apparition de Kevin Smith, scénariste
de DD qui s'exclame " c'est Strange ! ",
), mais qui certes,
ne font pas un film. Pour le reste, on commence par respirer, soulagé
de voir tout au long du métrage que la matière originelle
est respectée, plus qu'adaptée à la lettre. Ainsi
le jeune Matthew perd la vue suite au perçage d'un fût et
non plus en sauvant un vieillard (Stan Lee ?) d'un convoi militaire qui
déverse son contenu sur ses yeux. Les origines d'Elektra (Jennifer
-miam- Garner) sont expliquées trop brièvement et ne font
nullement référence à Stick (mais le long métrage
à venir s'en chargera probablement). Ben Urich travaille maintenant
pour le NY Post et non pas pour le Quotidien de JJJ.
Pourtant l'essentiel est là, parfois même distillé
(comme Heather qui remplit le répondeur de Matt, les méchants
qui se réunissent au Josie's, manquent juste Turk et Grotto). Les
personnages sont fidèles et très bien retranscrits, et se
positionnent à cheval entre des époques différentes
du comics : ainsi le cabinet Nelson & Murdock est à mi-chemin
entre le cabinet richissime de l'époque Miller (avec DD qui se
paye un immeuble pour entreposer son paquetage et y installer sa salle
d'entraînement) et l'époque Nocenti (avec Matthew Murdock
qui travaille pour les nécessiteux, et Foggie Nelson pour le Caïd).
Connaissant ainsi par cur le comics, Mark Steven Johnson applique
consciencieusement son savoir-faire, même si son manque de bouteille
est malheureusement flagrant lors de certaines scènes : à
force de vouloir trop en faire, trop en faire " comicsement "
devrait-on dire, il rate certaines scènes, heureusement pour tous
extrêmement peu nombreuses. Il assure donc, et rassure tous ceux
qui n'ont jamais cru à ce projet, et s'impose comme l'homme de
la situation. S'il est vrai qu'on peut regretter certains raccourcis de
l'histoire (mais là le film aurait duré quatre heures en
version courte), le fan du comics recollera tout seul les trous et s'abreuvera
de cette réussite totale avec une jouissance totalement assumée.
A bientôt pour la saga " Renaissance ", le retour du Tireur
avec son exo-squelette, le passé torturé d'Elektra, les
apparitions de Natasha Romanov ? Pour sûr, on n'attend que ça.
Chris.
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